Réfléchir
La parole de la sagesse nous rappelle en ouverture de l’écoute de ce dimanche que « réfléchir sur la Sagesse est, en fait, l’intelligence parfaite » (Sg 6, 15)
La parabole que le Seigneur Jésus nous raconte aujourd’hui ne veut certainement pas être la description de ce qui arrivera à son retour à la fin des temps, mais c’est une façon d’aider chacun de nous à réfléchir à l’organisation de notre vie. A l’invitation de réfléchir de la première lecture, correspond celle du Seigneur Jésus qui conclut la parabole ainsi : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ».
La question devient importante : en quoi consiste la sagesse ? Qu’est-ce qui distingue en réalité et profondément les vierges sages des vierges folles ? En analysant de près le texte de la parabole, voici que nous nous rendons compte que ce qui rend sage la moitié des vierges ce n’est pas la résistance au sommeil, en effet « elles s’assoupirent toutes et dormirent » ( Mt 25,5), mais la particularité selon laquelle « les sages prirent en même temps que les lampes de l’huile dans de petits vases » (Mt 25, 4). La sagesse semble ainsi consister dans la capacité de se préparer au pire et, surtout, la sagesse est savoir anticiper les choses qui pourraient durer longtemps si « l’époux devait tarder » (Mt 25, 5) : les vierges sages sont celles qui ont le bon rapport avec le temps, alors que nous pouvons dire que les vierges folles sont superficielles et, d’une certaine manière, se laissent duper par un optimisme…sans fondement et assez risqué. Cela dit, l’on pourrait vraiment argumenter que la sagesse consiste dans l’apprentissage à avoir un rapport adéquat – réconcilié – avec le temps et, surtout, avec les contretemps et les retards – accompagnés souvent de déceptions- qui ne manquent jamais dans la vie. Nous sommes tous des vierges qui attendent l’époux, et nos vies corporelles et spirituelles nous sont confiées, comme une lampe Mais, pour que la lampe fonctionne, notre engagement et notre prévoyance sont nécessaires. La chose la plus importante – décisive – n’est pas d’avoir ou pas une lampe, mais qu’elle soit allumée : qu’elle soit entièrement active. Très souvent, nous courrons le risque d’être envahis par la peur qui a tenaillé les cinq vierges : le danger que la lampe s’éteigne. Nous courrons tous en fait le danger de nous éteindre et donc de ne plus être vus et écoutés par l’époux à son arrivée : « et la porte fut fermée » (Mt 25, 10).
Pourtant, il est bien juste que la porte soit fermée car, seulement ainsi, l’intimité et la chaleur de la fête resteront à l’intérieur. Bienheureux ceux qui seront à l’intérieur ! L’on pourrait ainsi sentir toute la douceur d’une phrase qui, en principe, nous fait peur : « et la porte fut fermée » et ainsi « nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Th 4, 17). Stupéfiant destin auquel nous sommes appelés. Merveilleux destin que nous sommes invités à préparer comme les femmes au soir le plus triste « elles firent demi-tour et préparèrent des arômes et des huiles parfumées » (Lc 23, 56). Ces arômes pour induire « le corps du Seigneur » (Lc 24, 3) fut certainement le motif de leur départ, tôt le matin, vers la tombe : elles pourront serrer ses « pieds » (Mt 28, 9) pour l’adorer. Pour entrer en relation profonde et vitale avec le Seigneur et jouir de sa présence, nous ne devons pas être éteints, mais allumés et bien approvisionnés en huile qui est l’Esprit qui- par le baptême et la confirmation – a été infusé à travers notre front, comme une petite flamme qui assure à notre lampe la croissance -dans le temps et l’espace de notre vie -pour ne pas dépérir, mais devenir flamboyante. A nous, maintenant le devoir de maintenir la lampe de notre vie propre et en état de fonctionnement tout comme approvisionnée – « en petits vases » – (Mt 25,4) d’huile suffisante pour persévérer et attendre tout le temps nécessaire.






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