Ton nom est Futur, alléluia !
VI Dimanche de PAQUES –
Les dernières paroles de l’évangile nous placent, en tant que disciples, à califourchon entre une magnifique tension du passé, du présent et du futur : Qui aime le Père, sera aimé de mon Père et je l’aimerai aussi et me manifesterai à lui » (Jn 14, 21). Le temps que nous vivions est celui où chacun de nous est appelé à vivre en mémoire qui se fait continuellement ouverture vers un futur qui est celui de la présence et de la promesse de Dieu une promesse qui donne à notre vie consistance et vérité. Malgré tout, peut-être, nous aussi, au niveau de notre évolution spirituelle qui est forcément encore incomplète, nous sommes dans la même condition que ceux qui, en Samarie, étaient devenus croyants et pourtant « l’Esprit Saint n’était descendu sur aucun d’entre eux » ( Act 8, 15). Il est clair, qu’avec les sacrements de l’initiation chrétienne, comme par le don du souffle de vie reçu au moment de notre naissance, l’Esprit de Dieu plane sur nos existences et anime notre vie de croyants. Pourtant, ce don de présence intime et revigorant de Dieu dans notre vie est toujours encore à recevoir entièrement, dans le sens qu’il n’a jamais complètement accompli son œuvre d’animation de l’espérance dans le tissu de nos vies. Comme l’explique un Père de l’Église : « le don, qui est le Christ, est donné entièrement à tous. Il reste cependant, partout, à notre disposition et nous est concédé dans la mesure où nous voulons l’accueillir. Il demeurera en nous jusqu’à la fin du monde, il est le réconfort de notre attente, le gage de notre espoir dans la future réalisation de ses dons, il est la lumière de nos esprits, la splendeur de nos âmes »1.
C’est la présence de l’Esprit en nous qui nous rend capables de mettre en pratique l’exhortation de l’apôtre Pierre : « adorez le Seigneur, Christ, dans vos coeurs, toujours prêts à répondre à quiconque vous demande la raison de l’espérance qui est en vous » (1 P 3, 15). C’est comme si notre vie de croyant était appelée à vivre continuellement en suspension et, en même temps, dans l’engagement des coordinations temporelles : c’est dans la mémoire du futur que nous atteignons la force pour vivre avec sérénité et responsabilité le présent. Et aussi : c’est l’attente de quelque chose qui nous attend et nous précède qui nous donne la fantaisie d’une fidélité à l’Histoire qui, pourtant, ne s’identifie jamais avec ce que nous sommes appelés à vivre ponctuellement. La promesse du Seigneur Jésus n’est pas une simple consolation, mais elle résonne plutôt comme une orientation qui nous défend de nous-mêmes, de notre tentation de nous replier sur le pas que nous sommes en train d’accomplir pour l’inscrire dans un chemin bien plus ample : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai chez vous » (Jn 14, 18). La promesse du Seigneur Jésus qui nous assure du fait qu’il vient à notre rencontre, permet à notre vie d’aller vers Lui, à travers la fidélité aux petites et grandes réalités du quotidien. Ce dynamisme devient partie intégrante du futur de Dieu qui est l’unique présent à être vécu. Tout cela n’est pas seulement pensable et désirable, mais aussi concrètement vivable et perceptible à une condition, qui n’est pas seulement une condition, mais plutôt une respiration : ‘ Si vous m’aimez… » (14, 15).
1. HILAIRE DE POITIERS, traité sur la Trinité, 2, 35.






Lascia un Commento
Vuoi partecipare alla discussione?Sentitevi liberi di contribuire!