Passion

XVII Dimanche du T.O.

Trois paraboles très courtes pour continuer à penser au règne de Dieu et à le faire grandir en nous. Elles sont courtes, mais si efficaces, tout comme le symbole, elles n’expliquent pas de manière exhaustive, mais font réfléchir proposant toujours de nouvelles significations plus profondes, comme si elles étaient des portes qui ouvrent sur des milliers de pièces dans le palace de l’âme ? Ainsi, le «  trésor caché dans le champ » (Mt 13, 44) devient la «  perle de grande valeur » (13, 45) qui semble s’être empêtrée dans «  un filet jeté à la mer qui ramasse toute sorte de poissons » (13, 47). Et tout cela en conclusion d’un long chemin de compréhension qui exige une continuelle remise en question, le règne des cieux «  est semblable à un maître de maison qui extrait de son trésor de nouvelles choses et des choses anciennes » (13, 52). Chacune de ces paraboles révèle une passion incontournable pour accueillir dans sa propre vie le Règne de Dieu. Seule une profonde passion, en effet, peut ouvrir le coeur et l’âme à la recherche qui exige du temps et une grande dépense d’énergie prenant soin des détails.

 

La passion semble se conjuguer étrangement à une lenteur fait de gestes décisifs, mais aussi assez mesurés pour rejoindre le but : il faut savoir retourner sur ses propres pas comme le paysan qui trouve avec surprise un trésor alors qu’il veut juste planter des pommes de terre ; comme le commerçant qui trouve un jour une perle invendable, mais simplement à admirer toute la vie ; comme les pêcheurs qui, après une longue nuit de fatigue, doivent prendre le temps pour distinguer les bons poissons des mauvais…comme le maître de maison qui a besoin de mettre de l’ordre dans ses affaires. L’apôtre Paul énonce un principe qui donne beaucoup d’espérance et qui est capable de donner force et passion à nos choix, même et surtout, lorsqu’ils sont plus risqués comme dans le cas du commerçant qui vend tout pour acquérir la perle qui l’a enchanté : «  tout concoure au bien pour ceux qui aiment Dieu » (Rm 8, 28). Dans un monde si marqué par la loi – impitoyable – de la concurrence, le Règne de Dieu révèle une façon différente d’être au monde et dont la logique marquée par un amour fait de passion et de soin concoure au bien et fait beaucoup de bien.

 

Dans la «  nuit » (1R 3,5) de nos indécisions et de nos difficultés à comprendre quels sont les choix les plus justes pour notre vie et celle des autres, Salomon devient une parabole vivante pour savoir discerner le parcours le plus prometteur et le plus authentique : « un coeur docile » (3,9). La docilité du coeur est l’harmonique composition alchimique entre passion et soin, entre décision et calme, entre détermination et attention. Ce sont les vertus que la nature fournit, plus ou moins, à chaque créature qui vient en ce monde, mais que seuls la prière et l’amour sont capables de faire grandir de façon harmonique et dans les justes proportions et le bon mélange. Ce chemin merveilleux et exigeant ne peut que commencer et toujours recommencer par une pause de silence profond qui nous rend capables de reconsidérer les choses et les gestes de toujours, sous une lumière nouvelle …celle d’un « dessein » (R 8, 28) qui précède et attend notre touche. La question  pourtant se pose : Avez-vous compris toutes ces choses ? » (Mt,13,51).

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